" Radiance #1 " photographies de Mustapha Azeroual

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Se confronter à cette photographie c’est la dépouiller de toute perspective.
La construction se fait à plat lorsque l’image est déposée à la surface du papier. De fines couches successives d’émulsion photosensible et de pigments s’amoncellent pour former une couverture sans épaisseur qui révèle pourtant ce qu’elle vient couvrir : l’apparition fantomatique de la construction photographique d’un paysage. Image métaphorique du drap humide qui dessine ce qu’il recouvre en révélant la forme de ce qu’il cache.
La précision de l’image figée dans l’instant mécanique de la prise de vue est érodée par le processus de restitution. En décomposant la structure du paysage en masses chromatiques, en zones «planes», en effondrant les codes de l’image photographique c’est le cadre de la photo qui glisse vers celui de la peinture comme lieu essentiel d’apparition de l’image/objet.
L’abstraction de ce paysage, désormais imperceptible autrement que par sa structure formelle, entre en résonance avec l’instant, partie du temps sans épaisseur mais depuis laquelle la perception du temps est activée.
C’est depuis ce présent infiniment mince que nous sommes engagés dans le temps, sans jamais pouvoir nous en saisir... Vouloir le capturer c’est chercher à l’arrêter, c’est le construire comme un passé, organisé dans l’épaisse hiérarchie de nos souvenirs, mais vouloir nous y projeter pour le rêver c’est faire de lui un avenir, lieu riche d’utopies impensées au présent.
Ces images sont problématiques, elles existent comme «accumulation de ruines». Ces images sont les traces, l’effondrement, l’accumulation de visible qui conduisent à l’invisible, l’ensevelissement de l’instant par le cours du temps...
Mustapha Azeroual - juin 2012

Didier Letournel - tél 01 64 09 11 91, http://www.galerie-horschamp.fr/

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